Savoir se déconnecter – Profitons des vacances !

Et si on se sevrait (et non servait !) du smartphone ?

Le smartphone est entré dans tous les instants de nos vies, tant la fonction “téléphonie vocale” est maintenant “à la marge” dans nos moyens de communication, détrônée par Messenger, WhatsApp, Skype et autres. Déjà, à l’automne 2017, selon Médiamétrie, les deux tiers des connexions sur internet se faisaient, en France, via un smartphone. Et les applications, si pratiques, prennent le leadership : en 2017, 87% du temps passé sur un smartphone, pour 16 applications en moyennes par utilisateur ; en 2018, 90% du temps passé sur un smartphone, pour 18 applications en moyennes par utilisateur, toujours selon Médiamétrie.

Cette addiction à la connexion revêt deux aspects : un besoin propre à l’individu, d’une part, et une obligation imposée par la digitalisation de la société, d’autre part. Le besoin propre à l’individu, c’est l’addiction au “coté plaisir immédiat” du smartphone et tous les artifices utilisés par les “réseaux sociaux” pour happer votre attention, tel le “like” ou “le bip” annonçant la réponse attendue, associée par notre cerveau à une “récompense”, donc au “bien-être”… comme une drogue (d’ailleurs, le même neuromédiateur, la dopamine, intervient principalement dans tous ces mécanismes). L’obligation imposée par la digitalisation de la société revêt, elle aussi, deux notions : la nécessité “sociétale” de rester connecté (banque en ligne, alarme connectée, agenda digital, annuaire digital, …)  et “l’obligation” professionnelle d’être joignable même en vacances.

Ce dernier point aurait pu être évacué par l’article 55 de la Loi El-Khomri de 2016 qui a ajouté un droit à la déconnexion pour les employés des entreprises (> 50 salariés) dès le 1er janvier 2017, afin d’assurer le respect des temps de repos et de congés, tout comme ceux de la vie familiale et de la vie professionnelle. Retour au “Droit à la paresse” pour certains (Paul Lafargue – 1880) ou réduction du flou entre vie privée et vie professionnelle permettant de lutter contre le “burn-out” pour d’autres, ce droit à la déconnexion peut sembler plus pertinent encore pour ceux qui officient en télétravail depuis leur lieu d’habitation… et pour les cadres ! Pourtant, cette disposition non contraignante et non punissable n’est pas systématique et varie d’une entreprise à l’autre (charte propre à chaque société).

Les vacances estivales arrivent. C’est le moment d’essayer !

Lorsque cela est possible, la “coupure digitale” doit être préparée en amont, bien avant le jour du départ en congé.

Voici quelques conseils :

  • purgez vos boites courriels,
  • rédigez un message d’absence (prévoyant le cas « extrême urgence » mais qui ne mentionne pas votre numéro de portable),
  • achevez un maximum de tâches pour laisser un bureau vide de dossiers “en suspens” ,
  • transmettez à vos collègues ceux qui doivent être poursuivis,
  • notez sur une ToDoList les tâches que vous aurez à faire en revenant,
  • prévenez vos clients,
  • fournisseurs et partenaires importants de votre prochaine absence…

… et si vous ne pouvez absolument pas “ne pas répondre” à un “mail important qui doit tomber prochainement” … obligez vous à ne regarder votre boite de messagerie qu’une fois par jour, à une heure fixe et pendant un temps court, dès lors que vous serez en congé. Nous reviendrons plus largement sur ce sujet dans le cadre d’un prochain résumé, celui du livre de l’excellent KorbenLibérez-vous de vous de votre smartphone : et reprenez votre vie en main“, en vous donnant notre avis sur l’application des conseils proposés (pour les avoir testé !).

Notons que l’absence de connexion peut provoquer un sentiment de “manque” . C’est justement le moment d’occuper votre temps à autre chose, notamment avec vos proches et vos amis (conseil de lecture : “Les 5 regrets des personnes en fin de vie” de Bronnie Ware) , sinon à “faire le vide” en vous.

Cela n’est que l’expression de problématiques plus larges sur le bien-être… et la fuite en avant à courir après le temps qui file toujours plus vite. A cet effet, nous vous invitons à lire “la 25ème heure” et “Managing oneself“, résumés sur notre site pour celles et ceux qui veulent justement “gagner de temps” tout en profitant de nos remarques et conseils supplémentaires.

En souhaitant dès maintenant de bonnes vacances à toutes celles et tous ceux qui peuvent en prendre.

PS : Cet été, nous publierons de nouveaux articles d’information, à lire en “mode détente”… pour vous permettre de repartir sur de bonnes bases à la rentrée !


Source image à la une et ci-dessus : pixabay.com / Rawpixel

A propos Christophe Clarinard 2 Articles
Christophe Clarinard est Consultant en Intelligence économique et Stratégique (IES-SSE) et dispense des cours en Université et en Ecole de Commerce. Lieutenant-colonel (R) de Gendarmerie, après avoir exercé dans plusieurs postes de commandement et d’état-major de la Gendarmerie, il a été Chef de bureau à l’état-major de la Région de Gendarmerie de PACA (Marseille) et a exercé les fonctions de « Référent Régional pour l’Intelligence Economique ». Il est titulaire d’une Licence en droit de la Faculté Jean-Monnet Université Paris Sud, d’un Titre d’Etat Niveau I de « Consultant en Intelligence Economique » de l’EEIE et d’un MBA « Stratégie des affaires et Intelligence économique » de l’ISC PARIS.